Romans

SWASTIKA NIGHT de Katharine Burdekin

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Je crois l’avoir déjà dit : je lis moins de romans que de livres écrits par des historiens, des témoins d’événements ou des philosophes. Pourtant, il m’arrive d’en choisir un et de me plonger dedans.

C’est ce que j’ai fait pour Swastika night, de Katharine Burdekin.

Je ne vais pas vous spoiler, si vous avez envie de le lire, mais je peux parler du contexte. Il s’agit d’une uchronie qui projette le lecteur plusieurs siècles après la victoire des nazis sur le reste du monde, ou presque. On y découvre une société inscrite dans les préceptes du Dieu Hitler, mais qui vieillit mal et se trouve bloquée, incapable d’évoluer. Au milieu de tout cela, un Anglais et un Allemand se retrouvent. Un événement va se produire et changer leurs vies. S’engagent alors des discussions sur le futur du monde.

Le scénario n’est pas exceptionnel et les thèmes traités pourraient passer pour communs à notre époque. On y parle de la condition de la femme, réduite à peu de choses, de la religion, du droit de penser par soi-même, de la liberté de choix. Rien de bien nouveau, me direz-vous, sauf que ce livre a été écrit par une femme britannique en 1937.

1937. Avant que la guerre ne soit déclarée, avant tous les tumultes et les drames qui en découlèrent.

1937, dans un Empire britannique où la femme n’avait pas du tout les droits qu’elle peut avoir de nos jours.

Durant toute la lecture de ce livre, je n’ai cessé de me référer au contexte d’écriture et cela a changé ma façon de voir l’histoire. Et je pense sincèrement que toute personne qui lit cet ouvrage en laissant de côté l’époque à laquelle il a été écrit perd beaucoup de son intérêt.

De fait, il s’agit plus d’une critique sociétale que d’un roman en tant que tel.

À tous les amateurs de lectures placées dans un contexte particulier, je ne peux que le recommander.