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  • patrickpaugetauteu

Uchronie de Germania 1 : la bombe atomique



Bienvenue dans cette première Uchronique !

Comme je vous l’ai annoncé dans l’article Contexte historique, je vais ici vous présenter un des aspects de la Seconde Guerre que j’ai modifiés.


À toutes fins utiles, je rappelle que je ne compte pas réécrire en détail la Victoire nazie, mais juste étayer le monde de mes romans par quelques points importants de son Histoire.


Je commence simple : parlons atome.


D’Einstein à Oppenheimer

Dans cette réalité qui est la nôtre, en aout 1939, Albert Einstein sonne l’alerte et interpelle le président Roosevelt sur l’intérêt de la fission de l’uranium. Il indique également que les physiciens allemands travaillent sur le sujet. Le scientifique est conscient qu’un tel procédé pourrait être utilisé à des fins militaires et souhaite que ses collègues et lui-même soient accueillis aux États-Unis pour ne plus avoir à créer une arme pour les nazis. Roosevelt saute sur l’occasion et réunit des spécialistes de toutes nationalités pour creuser la question.


En 1942 nait le projet Manhattan, qui a pour but de créer une arme de frappe massive pour terminer la guerre. Ce projet, basé notamment à Los Alamos au Nouveau-Mexique, a pour directeur scientifique Robert Oppenheimer et Responsable en chef le colonel Groves. La suite est malheureusement connue de tous… ou presque.


À la fin de la guerre en Europe, les Américains lancent immédiatement une mission pour aller récupérer les documents des chercheurs allemands, et en profitent pour revenir avec plusieurs centaines de kilos d’uranium non enrichi. Ils font exploser une première bombe dans le désert américain et constatent les dégâts immenses de l’arme. Truman, successeur de Roosevelt, décédé en avril 1945, décide alors de frapper le Japon pour, à la fois, mettre un terme à la guerre avec l’Empire nippon, mais aussi démontrer la puissance américaine.


Ce qui reste moins dans les mémoires, c’est que le Japon, à bout de souffle et de ressources, avait entamé des démarches pour capituler en juin 1945, via la Russie, avec laquelle il n’était pas en guerre. L’Empire nippon n’avait plus de marine, plus d’aviation digne de ce nom et subissait un blocus qui coupait toutes ses lignes de commerce. La seule chose qui empêchait les Japonais de signer la capitulation proposée par les USA était l’absence de certitude que l’Empereur, divinité au Japon, resterait bien à sa place. Selon de nombreux historiens actuels, cette chose aurait pu s’arranger diplomatiquement.


Mais Truman ne l’entend pas ainsi. Ses conseillers de l’époque lui disent que le débarquement sur les îles japonaises couterait la vie à un million d’Américains, ce qui a grandement été contesté par la suite. Plus largement, pour des raisons de politique internationale et de crédibilité vis-à-vis de son électorat, Truman ne veut pas faire marche arrière. Les 6 et 9 aout 1945, Hiroshima et Nagasaki sont donc frappés par les deux premières (et les deux seules) armes nucléaires utilisées en temps de guerre. Je vous laisse imaginer (ou vous renseigner sur) les morts civiles, sans parler des retombées sur les décades à venir.


Les Allemands, de leur côté, travaillaient également sur l’arme nucléaire avec notamment l’éminent spécialiste de la physique quantique Werner Heisenberg, prix Nobel de physique en 1932. Mais celui-ci n’était apparemment pas d’accord avec l’usage militaire de cette technologie et aurait tout fait pour ralentir les recherches et empêcher les nazis d’avoir l’arme nucléaire. Heisenberg, après la guerre, a participé aux études pour le développement de l’énergie atomique civile.


Pour de plus amples renseignements (car une fois de plus, je ne prétends pas être expert), je vous invite à regarder cet excellent reportage d’ARTE : https://www.youtube.com/watch?v=uLKiuK0cTxk, ou à lire les nombreux ouvrages qui traitent de la question.



L’Histoire de notre réalité étant désormais un peu plus claire, voyons donc ce que j’ai modifié dans les Chroniques de Germania.


D’Einstein à Heisenberg

Dans ma vision des choses, Einstein, Heisenberg et les autres scientifiques allemands sont fidèles au Führer. Ils croient fermement à la supériorité de la race et comptent bien tout donner pour aider le régime à obtenir une arme dévastatrice capable de ravager leurs adversaires. Cela change de l’idée préconçue d’un Einstein au visage gentil, un peu perdu, mais pas méchant. Je sais.


Informé de ce développement technologique dès 1938, Hitler décide de créer une unité dédiée à cette tâche. Il désigne Himmler responsable du projet et Heisenberg directeur scientifique. Celui-ci obtient une base secrète, des moyens énormes et regroupe tous les experts qui peuvent apporter quelque chose à ses recherches.


Quand la guerre commence en 1939, le projet est lancé depuis plus d’un an. Les Américains, comme le reste du monde, ne sont pas au fait de ces recherches qu’ils soupçonnent sans en connaître la teneur exacte.


En 1942, Heisenberg touche au but et est en mesure de fabriquer la première bombe atomique.

Animé par le souci du détail, il demande à avoir des cobayes pour effectuer des tests sur les effets de la radioactivité. Les camps de concentration lui fournissent les éléments dont il a besoin. Secondé par des médecins spécialistes de différents domaines, il irradie des prisonniers puis constate et mesure les conséquences sur les corps (chose que feront les Américains sur les Japonais ayant survécu à l’explosion des bombes, sous le sceau du secret militaire, pour ne rien dévoiler à l’opinion publique). Conscient que les retombées radioactives sont importantes, il estime leur portée et réfléchit à une zone de test pour le premier essai. Après une discussion avec Himmler, il est décidé de faire exploser la première bombe dans une ville sous contrôle allemand. La France, dont les réseaux de résistance posent de plus en plus de problèmes, entre dans la ligne de mire. Finalement, c’est Lyon, haut lieu de résistance, qui est choisie.


Juin 1943, la bombe est emmenée par train au cœur de Lyon. Durant la nuit du 30, tous les Allemands occupant la ville l’évacuent en quelques heures. À six heures du matin, l’explosion ravage Lyon. D’une puissance suffisante pour détruire des bâtiments de pierre (contrairement à celle d’Hiroshima, conçue principalement pour des habitations de construction plus légère), le cœur de la ville est balayé par un souffle mortel. Seuls survivent ceux qui sont protégés par les barrières naturelles que sont les collines de Fourvière et de la Croix-Rousse.


Les forces allemandes encerclent la ville, empêchent quiconque d’y entrer ou d’en sortir, et n’envoient personne pour secourir les habitants. Seuls des scientifiques nazis vont pénétrer dans la zone radioactive et kidnapper des civils français pour les observer médicalement et faire des tests sur eux. Malgré les efforts des réseaux de résistance français, les Lyonnais sont abandonnés à leur sort.


Le succès de cette explosion choque le reste du monde et les USA, déjà refroidis par l’échec du débarquement en Nord-Afrique (voir une autre uchronique), considèrent comme périlleux de s’aventurer plus loin dans cette guerre, quitte à abandonner leurs alliés britanniques. Mais les scientifiques nazis ont déjà enclenché la suite de leur programme de mort. En aout 1943, les moyens sont donnés au projet pour fabriquer un engin qui pourrait être largué d’un avion. Début 1944, alors que la Luftwaffe ne cesse de pilonner Londres, au matin du 17 janvier, un bombardier lance sur la capitale britannique une bombe atomique qui explose cinq cents mètres au-dessus de la ville. Il ne reste plus que des ruines au milieu desquelles errent les survivants qui ont eu le temps de rejoindre un abri suffisamment profond.


À partir de ce moment, Hitler fait construire d’autres bombes et se prépare à attaquer le reste du monde. Il n’hésitera pas à frapper tous ceux qui oseront se dresser devant lui, des USA à la Chine.



Voilà pour cette première Uchonique !

La prochaine viendra bientôt. Son thème : Enigma.


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